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Grand Orgue de la Cathédrale Sainte-Marie – AUCH

3 claviers et 40 registres

Jean de Joyeuse (1694)

Maurice Puget (1939)

Restauration

Jean-François Muno (1998)

Classé Monument Historique le 2 juillet 1934 pour la « Partie instrumentale de l’orgue de Jean de Joyeuse, 1688-1693 » – Buffet – Bois sculpté – Fin XVIIe, classé liste de 1862.
Le Grand Orgue de la cathédrale Sainte-Marie d’Auch est considéré comme l’un des plus beaux de France. L’instrument d’origine était l’œuvre de Jean de Joyeuse (1694). Alors que le buffet est d’origine, La partie instrumentale a fait l’objet d’une rénovation qui soulève la polémique en 1954, puis, en 1996, les Monuments historiques entreprennent une seconde restauration qui consiste en une reconstitution par le facteur Jean-François Muno de l’orgue de 1694. L’orgue a été inauguré le 9 octobre 1998 par Michel Chapuis, Odile Pierre et André Isoir.
Voir l’article : http://www.gersicottigersicotta.fr/…

La cathédrale Sainte-Marie dispose également d’un orgue de chœur romantique, construit par Aristide Cavaillé-Coll, et est de l’époque romantique, offert par l’empereur Napoléon III et l’Impératrice Eugénie. Il n’a pratiquement pas été retouché depuis sa construction. Il est classé monument historique depuis le 12 mai 1978. Toutes les actualités des Amis des Orgues d’Auch ici : https://amisdesorguesauch.jimdo.com/ »

« La cathédrale Sainte-Marie d’Auch fut de tout temps dédiée au culte de la Vierge Marie. Sa première pierre est posée le 4 juillet 1489. C’est un vaste édifice à trois nefs de 102 mètres de long sur 35 de large. Elle est de style ogival flamboyant fortement influencé par la Renaissance et fut complétée à la fin du XVIIe siècle par une façade et un porche d’ordre corinthien. Le cardinal François de Clermont-Lodève commanda à Arnaud de Moles les splendides verrières ornant les dix-huit fenêtres basses du chevet (1507 – 1513), ainsi que les extraordinaires stalles du chœur (1510 – 1554).

À la mort de Mgr Henri de Lamothe-Houdancourt, en 1684, la cathédrale d’Auch est enfin terminée. Il avait eu soin de laisser la considérable somme de 10.000 livres « pour être employée à la construction d’un orgue ». La cathédrale renfermait alors un grand orgue depuis plus d’un siècle. Il était l’œuvre de « frère Jean Crurac, sacristain et religieux de Sainte-Croix de Bordeaux ». Achevé peu avant 1550, il avait probablement été commandé pour la consécration de l’édifice, le 12 février 1548. Un marché du 12 juillet 1611 prévoyant la reconstruction du sommier nous informe que celui-ci possédait une étendue de 38 notes (probablement Fa1 – La4, sans Fa#1, Sol#1 et Sol#4).

Le clergé d’Auch s’adressa à Jean de Joyeuse, célèbres pour ses réalisations dans les cathédrales de Rodez, Toulouse, Carcassonne et Béziers. Il passa contrat avec le chapitre auscitain, présidé par son archevêque Anne-Tristan de la Baume de Suze, le 29 janvier 1688. Il s’engageait à « construire une très belle orgue pour ladite église métropolitaine, et qui sera placée au-dedans l’icelle au-dessus de la grande porte, dans la tribune que les sieurs intendants de la fabrique y feront construire ».

Le devis répondait à cet ambitieux projet, un vaste buffet, l’un des plus beaux du royaume, devait contenir plus de 2.650 tuyaux. Il prévoyait une trompette, un clairon et un cornet « fort éclatant » pour le grand jeu ; une « fourniture de six tuyaux sur marche… d’une composition comme sont les meilleurs pleins-jeux de la ville de Paris » ; un cornet séparé « pour faire des échos et jouer des trios à la mode de Paris » ; un « jeu de brode qui est une toute nouvelle invention sonnant à la tierce du prestant » ; un clavier de pédales de vingt-six touches « pour jouer des plains-chants, tierces en taille et trios comme l’on fait à Paris » avec une flûte de grosse taille qui « poussera beaucoup afin d’être entendue distinctement lorsqu’on jouera les trios et tierces en taille » et une trompette « fort éclatante afin d’être entendue distinctement lorsqu’on y jouera les pleins-jeux ensemble ». Joyeuse voulait construire un orgue « parisien » !

Si le marché définitif fut conclu le 24 septembre 1688, l’orgue ne fut terminé qu’à la fin de 1694 ! On ignore les causes de ce retard nulle part imputé au facteur. L’orgue fut réceptionné le 1er décembre 1694 par « Frère Richard, religieux diacre et profès de l’abbaye de Grand Selve, ordre de Cîteaux, et facteur d’orgues de la ville de Paris ». Il trouva « toutes les parties desdits ouvrages très bien conditionnées et le tout dans leur perfection et toute chose en très bon et parfait état ». Voici la disposition donnée dans le devis :

– I – Positif : 48 notes, Do1 – Do5 sans Do#1 : M8’, B8’, P4’, F4’, Nz 2’ 2/3, D2’, Tc 1’ 3/5, Lg 1’ 1/3, Fourn. IV, Cymb. III, Cr 8’
– II – Grand-Orgue : 48 notes, Do1 – Do5 sans Do#1 : M16’, B16’, M8’, B8’, P4’, Brode 3’ 1/5, Nz 2’ 2/3, D2’, Q2’, Tc 1’ 3/5, Flageolet 1’, Fourn. VI, Cymb. IV, Cn V, Tp8’, C4’, VH8’
– III – Récit : 25 notes, Do3 – Do5 : Cn V
– IV – Écho : 37 notes, Do2 – Do5 : B8’, P4’, Nz 2’ 2/3, D2’, Tc 1’ 3/5, Fourn. III, Cymb. III, VH8’
– Pédale : 26 notes, Do1 – Ré3 sans Do#1 : F8’, F4’, Tp8’, C4’
Pédales de combinaisons : Pos. / G.O., tremblant doux, tremblant fort, rossignol à 6 tuyaux

En 1790, les commissaires chargés de l’inventaire des biens de la cathédrale trouvèrent l’orgue « aussi belle que bien entretenue ».

En 1832, Jean-Dominique Jeandel, facteur de Dax, ajoute 5 notes à tous les claviers manuels pour les porter au Fa aigu, place un pédalier descendant au Fa de 12’, remplace le Flageolet du Grand Orgue par un dessus de Hautbois, ajoute une Bombarde au Grand Orgue et une Trompette au Positif, et supprime la Flûte 4’ du Positif ainsi que le plein-jeu et la Voix humaine de l’Écho.

En 1864, Aristide Cavaillé-Coll propose un devis de reconstruction complète de l’instrument pour la somme de 46.330 francs. Ce projet restera lettre morte faute de moyens financiers. Il relève toutefois sa composition :

– I – Positif : 53 notes, Do1 – Fa5 sans Do#1 : M8’, B8’, P4’, Nz 2’ 2/3, D2’, Tc 1’ 3/5, Lg 1’ 1/3, Fourn. IV, Cymb. III, Tp8’ (menue taille), Cr 8’
– II – Grand-Orgue : 53 notes, Do1 – Fa5 sans Do#1 : M16’, B16’, M8’, B8’, P4’, Brode 3’ 1/5, Nz 2’ 2/3, D2’, Q2’, Tc 1’ 3/5, Fourn. VI, Cymb. IV, Cn V, Bb16’, Tp8’, Hautbois de 35 notes (grosse taille), C4’ en chamade
– III – Récit : 30 notes, Do3 – Fa5 : Cn V
– IV – Écho : 42 notes, Do2 – Fa5 : Cn V sans registre
– Pédale : 25 notes, Fa0 – Fa2 : F8’, F4’, Tp12’, C6’

En 1870, Jules Magen, installé à Agen, effectue un relevage et quelques modifications : le Hautbois et la Voix humaine du Grand Orgue sont placés à l’Écho, au côté d’une Trompette neuve et en remplacement de la Doublette et de la Tierce ; il place un Kéraulophone neuf au grand clavier sur la chape du Hautbois déplacé, remet le Clairon en chamade sur le sommier, ajoute une tirasse et décale toute la tuyauterie d’une note vers le grave.

C’est dans cet état – très proche de l’original – que l’orgue nous parvint en 1936, date à laquelle une restauration est envisagée : celle-ci sera reportée en 1954 pour faits de guerre. Sous la responsabilité de Norbert Dufourcq et d’André Marchal, les travaux furent confiés à Victor Gonzalez (décédé en 1956) puis à son successeur Georges Danion.

L’orgue sera reporté à sa composition d’origine lors de la restauration effectuée par Jean-François Muno entre 1992 et 1998. Toute la tuyauterie ancienne encore présente dans l’orgue Danion-Gonzalez a été soigneusement restaurée. Une nouvelle montre en copie des façades d’origine a été installée. Les plein-jeux ont retrouvé leur composition de 1694, relevée par Fernand Gonzalez avant-guerre. Il a toutefois été décidé, par rapport à la disposition originale, de maintenir les deux 16 pieds de pédale, ainsi que l’étendue Do-Fa des claviers et de la pédale. Texte de Jean-Claude Guidarini Toutes les actualités des Amis des Orgues d’Auch ici : https://amisdesorguesauch.jimdo.com/ »

Positif

53 notes (Do1 – Fa5, sans 1er do#

Montre 8’
Bourdon 8’
Prestant 4’
Flûte 4’
Nasard 2’ 2/3
Doublette 2’
Tierce 1’ 3/5
Larigot 1’ 1/3
Fourniture 4 rangs
Cymbale 3 rangs
Cromorne 8’

Grand Orgue

53 notes

Montre 16’
Bourdon 16’
Montre 8’
Bourdon 8’
Prestant 4’
Grosse tierce 3’ 1/5
Nazard 2’ 2/3
Doublette 2’
Quarte 2’
Tierce 1’ 3/5
Flageolet 1’
Fourniture 6 rangs
Cymbale 4 rangs
Cornet 5 rangs
Trompette 8’
Voix humaine 8’
Clairon 4’

Récit

30 notes (Do3 – Fa 5)

Cornet 5 rangs

IV – Écho

42 notes (Do2 – Fa5)

Bourdon 8’
Prestant 4’
Nazard 2’ 2/3
Quarte 2’
Tierce 1’ 3/5
Plein-jeu 5 rangs
Voix humaine 8’

Pédale

30 notes (Do1 – Fa3, Contre-La sur 1er do#)

Bourdon 16’
Flûte 8’
Flûte 4’
Bombarde 16’
Trompette 8’
Clairon 4’

Registres accessoires

Accouplement Pos/GO à tiroir
Tremblant doux
Tremblant fort
Rossignol

Console en fenêtre

Traction mécanique des notes et des jeux
Soufflerie cunéiforme à 5 soufflets
Tuyauterie coupée sur le ton, bourdons à calottes soudées

La = 415 Hz à 15° C

Tempérament inégal à 4 tierces pures (Do-Mi, Ré-Fa#, Sol-Si, La-Do#)

 

Fiche instrument